Innovation

Archives / Innovation

Mercredi 5 mai 2010 | 15h00

Average rating: 0/5 (0 votes cast)
Share |

Tout ce qui brille n'est pas Or

Le Saas est à la une. On lui promet une croissance importante. Mais attention, l’histoire des technologies regorge d’exemples similaires dont les espoirs furent sans lendemain.


Une enquête de plus serait on tenté de dire. Une nouvelle fois, une tendance confirmée. Si l’on en croit la dernière étude Markess intitulé « Cloud Computing & SaaS : Attentes et Perspectives », une entreprise sur trois devrait recourir au cloud computing en 2012.
Le Gartner y est allé aussi de ses prévisions : le marché mondial du SaaS (Software-as-a-Service) est en passe de dépasser les 6,4 milliards de dollars cette année (en augmentation de 27% par rapport à 2007) et devrait être au moins multiplié par deux d'ici 2012.
La tendance se confirmerait donc…au moins dans les études.

Signe des temps, tous les acteurs semblent vouloir prendre pied sur ce marché :

tout-ce-qui-brille-small
  • L’Afdel souhaite une consultation publique sur les enjeux du Cloud Computing

  • Les salons spécialisés se suivent à un rythme soutenu

  • Les points de vue dans la presse également.

Bref, ne pas parler aujourd’hui de Saas ou de Cloud Computing apparait pour le moins en décalage, risqué si l’on se place du côté des acteurs informatiques, limite irresponsable si l’on est un DSI digne de ce nom.

Sans vouloir jouer les cassandres, cet emballement en rappelle pourtant bien d’autres que d’autres nommeraient bulle et dont malheureusement l’issue est connue. Loin de moi, l’idée de vouloir nier les avantages indéniables apportés par ces nouveaux modes de consommation du logiciel ou de dénigrer l’intérêt que les entreprises semblent y porter. En la matière, la mémoire peut être une précieuse alliée. Nombreuses dans l’histoire  des technologies ont étées les révolutions annoncées qui n’ont jamais eu lieu. L’ATM ne devait-il pas révolutionner le réseau . Le Network Computer ne devait-il pas signer la mort de ce que l’on appelait les « Fat PC ». La revanche des terminaux passifs était en marche ! IBM avait signé un accord OEM avec NCD pour proposer sa propre gamme de « thin client » et les premiers salons voyaient le jour. Plus près de nous, l’ASP allait également profondément changer la face du marché informatique. Pas faux, si l’on considère que beaucoup des acteurs qui se réclament du Saas ne sont jamais que des ASP !


Alors, bien entendu, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets. Probablement, un certains nombres de facteurs (un accès réseau performant ; les modèles économiques sont syncro – Les budgets IT serrés demandent des solutions plus économiques et flexibles..) sont réunis pour que ce marché décolle réellement. Mais attention tout ce qui brille n’est pas d’or et le décollage du Saas ne signifie pas la fin des modèles traditionnels qui resteront encore quelques temps majoritaires. Pour combien de temps ? La question mérite d’être posée !